Je plisse du front ce soir, mélange de colère et d’inquiétude, face à cet acharnement immobilier de bord de mer. Je plains l’amateur de plage sauvage, de l’ilôt sablonneux entouré de Dame Nature, de la crique aux eaux transparentes lorsqu’il s’égare dans ces déserts urbains. Qu’il doit être triste lorsque la barre d’immeubles remplace le petit grain de sable dans son oeil. Ca le démange de dynamiter tout ça pour que le souffle des vents de bords de mer pénètrent les terres au-delà des dix premiers mètres. Au passage, si l’impact pouvait aussi volatiliser les gargottes qui pullullent aux pieds des tours telles des champignons vénéneux avec leurs parasols plus horribles les uns que les autres, notre flore intestinale serait elle aussi épargnée. Le sable est considéré par les scientifiques comme un fluide, qu’attend-il pour engloutir ces cubes de béton armé pas si innoffensifs que cela d’ailleurs? Ce serait très émouvant au passage. Si j’appelais le monstre de Star Wars? Faut-il haïr à ce point mers et océans pour bâtir ces montagnes caverneuses où s’entassent les amoureux des ascenceurs qui snobent rapidement la silice au profit d’un carrelage de balcon bon marché? Les seuls sommets que je tolère au bord de l’eau étant les volcans d’un autre temps, la lave de ma colère n’a donc pas fini de couler….
Publié par : LXIII | 18 août 2009
Monoply sur sable
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