Une bouteille à la mer, un petit mot glissé à l’intérieur, le robinson a lancé un appel au secours dans la seule bouteille qui lui restait. Désormais, il boira l’eau de pluie dans le creux de ses mains. Il évitera ainsi la panne seiche. C’est primordial car sans encre pour son journal, son esprit sera son unique carnet de notes. Il ne veut pas tourner la page et garder dans le moindre détail la traversée de la mer morte de son inspiration. Les jours passent et se ressemblent, même le vendredi. Bloguera-t-il sur les arbres de son île ou sur les rochers bordant la crique où il a élu domicile? Faute d’encre, sa lame de couteau de poche ou la pierre récemment taillée lui permettront de tailler en pièces ses humeurs solitaires. L’écrit est vain, personne ne lira ses quelques lignes quotidiennes, encore moins le SOS tracé sur le sable et visible du ciel. Aucune ligne dans le ciel, pas de trace de condensation à travers les nuages, le malheureux suera de peur, d’isolement, d’efforts de survie. Au travers de ces quelques lignes, la mouette blogueuse partage et soutient la solitude du joueur de mots, la page blanche lisse comme une mer d’huile inquiète, le vague à l’âme reste noyé au plus profond de l’auteur, rien n’émerge, il se sent épave, il coule dans ses veines un affreux sentiment d’égarement, remontera-t-il à la surface? Bien sûr, le radeau deviendra barque puis hors-bord, les mots s’enchaîneront, relève l’ancre mon ami!
Publié par : LXIII | 27 juillet 2009
Solitude de l’écrivain
Publié dans Non classé | Mots-clefs : encre