Publié par : LXIII | 4 septembre 2009

Sardines nicotinées

pacific-sardineL’interdiction de fumer dans les lieux publics et dans les bureaux est une décision salvatrice pour nos bronchioles. Mais nous ne sommes pas sauvés pour autant. La crise de nerfs de certaines personnes pour qui la durée de l’aller-retour bureau – extérieur est supérieure à l’autonomie apnéique tabagique est une menace bien réelle. Un brouillard épais envahit leur boîte crânienne, leur capacité de réflexion s’englue dans un goudron à moitié fondu par l’échauffement cérébral entraîné par cet état de manque. Les zippos camés finissent par cracher leur feu. Alors, pour éviter que les ampoules des sprinklers ne lâchent, laissons les se précipiter vers la sortie. Ce sont de véritables troupeaux tremblotants qui se retrouvent dehors comme lors des grandes transhumances alpestres. Il ne manque plus que les cloches, quoique… Ne vous mettez pas en travers, vous risqueriez le piétinement et la lapidation aux mégots encore fumant. Assez animal comme comportement non? Mais ça n’est pas fini. Pour peu que la pluie les attende à la sortie, projetant ses gouttelettes sur des clops en éternel mouvement lié aux blablas fumeux des candidats à la pneumonie, et les bovins (oui parce que ruminer un chewing-gum constitue une étape importante voire incontournable après l’encombrement pulmonaire volontaire) deviennent poisson, se resserant les uns sur les autres sous le maigre rebord de toit, battant des ouies pour capter un peu de la fumée des autres, les écailles les protégeant des cendres amies tombant au gré des courants humides, la nageoire en alerte vers qui pourra les dépanner d’une cigarette, l’inspiration les décontracte, c’est no sushi. Saumon fumé (le tabac altère le grain de peau) ou bien sardine en boîte, en tous cas, rien ne les arrête!
Publié par : LXIII | 30 août 2009

On va se planter, on va se planter….

parasolUne plage, un soleil brûlant, des champions de la bronzette se prenant pour des toasts beurrés de crème, des endives équipées de bob uniquement attirées par l’air iodé , et une question: quel est l’intervalle inter-parasol optimum? Les calculs nécessaires sont nombreux et complexes, surface, distance, diagonale, influence des courants d’air, de la course du soleil dans le ciel, de nombreux paramètres et variables d’ajustements sont à prendre en compte. Bref, le temps d’obtenir le résultat, il fait nuit. L’approche scientifique tombe à l’eau. Autant adopter un raisonnement plus direct sans s’embarrasser du carré de la méduse au risque de piquer la plage au mauvais endroit et de souffrir le reste de l’après-midi. Intervalle trop réduit et c’est la proximité tant redoutée, l’endive attaque le jambon fumé, les relents de crème indisposent le plagiste raisonnable qui ne peut même plus enfouir ses pieds dans le sable frais, la forêt de piquets monopolisant l’espace. Trop de distance, et ce sont de nombreuses amourettes d’été qui s’envolent et rejoignent l’escadrille des mouettes qui déplorent ce manque de courage des vacanciers qui veulent le soleil un peu mais pas trop. Le volatile s’insurge aussi sur le planté trop régulier de ces toiles multicolores qui nuit à l’image d’une plage sauvage, aux dunes irrégulières formées par le vent, aux herbes folles formant le premier rideau du théatre comique des estivants trop occupés à chasser le grain de sable, à trouver un mètre carré disponible pour s’étendre, à trouver l’eau trop froide, à chercher l’abri des regards, changement de maillot de bain oblige pour s’apercevoir que la réverbération n’a que faire du tissu dressé au-dessus de leur tête et que ce soir, à la sortie de la douche, leur épiderme se révoltera et que, rouge de colère, il leur exigera de se planter à l’ombre pour le reste du séjour.

Publié par : LXIII | 25 août 2009

Corbeau, si j’écrivais sur ton compte…

corbeauVoilà bien un volatile dans lequel j’ai envie de voler dans les plumes. Contrairement à la mouette qui plane au-dessus de lieux plaisants et aux vertus décontractantes telles que port de pêche, plage, côte sauvage, le corbeau noircit chaque tableau dans lequel il s’installe. Rien de plus sinistre qu’un champ labouré par un temps gris, ah si, un cimetière peut-être ! La pensée monochrome de cette espèce de spectre noir le conduit aux pires agissements, à commencer par manger tout et n’importe quoi, se prenant parfois même pour un vautour alors que franchement, vous conviendrez, ça n’est pas la même envergure. J’en connais même qui, le cerveau étant aussi creux que leur squelette, avaient commencé à se manger l’aile pour encore mieux tourner en rond dans les airs, l’idée que l’aile manquante était essentielle au décollage ne les ayant même pas effleuré. Ils sont nombreux les corbeaux qui nous entourent, nous nous prenons régulièrement le bec avec cette population qui installe tristesse et étouffe tout espoir. L’équilibre étant en tout, à leurs croassements mortels, la mouette répond par des rires à gorge déployée. Je piaffe d’impatience en espérant que ces croque-morts à plumes lisent cette petite lettre qui n’a rien d’anonyme, le courage mouettique étant largement supérieur à la lâcheté du corbeau. J’imagine leur tête crispée de colère, je vois leur bec sombre et peu enclin au sourire tomber à leurs pattes. Qu’ils se vexent comme leur aïeul qui lâcha un camembert par pure fierté. La mouette ne serait jamais tombé dans un piège aussi gros, de toute façon, le renard n’aime pas le poisson….

Publié par : LXIII | 18 août 2009

Monoply sur sable

front de merJe plisse du front ce soir, mélange de colère et d’inquiétude, face à cet acharnement immobilier de bord de mer. Je plains l’amateur de plage sauvage, de l’ilôt sablonneux entouré de Dame Nature, de la crique aux eaux transparentes lorsqu’il s’égare dans ces déserts urbains. Qu’il doit être triste lorsque la barre d’immeubles remplace le petit grain de sable dans son oeil. Ca le démange de dynamiter tout ça pour que le souffle des vents de bords de mer pénètrent les terres au-delà des dix premiers mètres. Au passage, si l’impact pouvait aussi volatiliser les gargottes qui pullullent aux pieds des tours telles des champignons vénéneux avec leurs parasols plus horribles les uns que les autres, notre flore intestinale serait elle aussi épargnée. Le sable est considéré par les scientifiques comme un fluide, qu’attend-il pour engloutir ces cubes de béton armé pas si innoffensifs que cela d’ailleurs? Ce serait très émouvant au passage. Si j’appelais le monstre de Star Wars? Faut-il haïr à ce point mers et océans pour bâtir ces montagnes caverneuses où s’entassent les amoureux des ascenceurs qui snobent rapidement la silice au profit d’un carrelage de balcon bon marché? Les seuls sommets que je tolère au bord de l’eau étant les volcans d’un autre temps, la lave de ma colère n’a donc pas fini de couler….

Publié par : LXIII | 16 août 2009

Fais pas le marlin!

blue_marlin_hawaiiLa pêche au gros est un sport ! Si, si ! Quand vous passez des heures à essayer de ramener à bord un énorme poisson qui, sujet au mal de mer pour cause d’ouïe interne fragile, refuse de venir trinquer avec vous, vous finissez aussi vidé qu’un iron man. Tout juste assez d’énergie pour la photo souvenir, une autre raison de la résistance de l’ Istiophoridae qui, il faut le savoir, est bourré de complexe avec son nez pointu et donc est très mal à l’aise dès lors que ce n’est pas lui qui appuie sur le déclencheur. Mais finalement, pourquoi s’user à tracter et à se casser le dos harnaché sur un siège pourtant très confortable alors que la pêche est bien plus simple sur le ponton lui-même. Tout y est gros, l’estomac, la gourmette, les lunettes de soleil, le cigare, la tête, la montre, la casquette (l’insulte « grosse casquette » est particulièrement méchante, usez-en), le moulinet, le fil, la plastique des accompagnatrices. Je soupçonne d’ailleurs certains bancs de marlins de tenter d’inverser les rôles en mettant tout en œuvre pour que le pêcheur bascule par-dessus bord, même s’ils préfèreraient que ce soit Madame, plutôt que Monsieur, qui les rejoigne, ahhhhh les sirènes de l’amour. Ils sont joueurs ces guépards des mers qui dépassent les 100 km/h sous l’eau, alors que les nœuds-nœuds des mers n’avancent à rien, paf (ou plouf), dans le mile marin ! J’hameçonne grave aujourd’hui, normal, que voulez-vous qu’une mouette fasse d’un poisson de plus de quatre mètre de long. En gros, ce sujet n’est pas intéressant, point, à la ligne !

Publié par : LXIII | 12 août 2009

MV 380 – A 000

DSC_5806La mouette blogueuse se marre ce soir à la simple pensée de toutes ces files d’attentes de voyageurs scotchés sur les écrans des portes d’embarquement des aéroports, annonçant décalages et annulations heure après heure. Porte A, Porte B, Porte Zéro ouais! Et que dire des messages balancés à la volée pour nous faire planer dans un nuage d’incertitude. C’est bien la peine d’être équipé de grosses turbines si c’est pour systématiquement avoir du retard à l’allumage. La mouette n’a pas besoin d’attendre ses collègues pour la prochaine étape car la mouette n’a que faire des lambins, elle trace discrètement sans laisser de trace dans le ciel. La mouette n’est pas en retard faute de carburant, elle se ravitaille sur place et si la fringale survient, elle plonge en piqué sans paniquer tout le monde. Les amateurs de voltige aérienne apprécieront. Les craintifs de la turbulence prieront pour que jamais, non, jamais une mouette ne prenne le manche du long courrier dans lequel ils vont passer plusieurs heures coincés dans des positions anatomiquement impossible. La mouette ne connaît pas les turbulences, si les rafales sont trop puissantes, elle change son plan de vol sur le champ et à la force de ses plumes remonte le courant d’air pour arriver à destination. Le surplus de bagages n’existe pas chez la mouette, elle largue régulièrement, prenant soin de bien viser au passage. Si dans ces moments-là, vous l’entendez crier un peu fort, c’est que soit elle se réjouit de sa poussée fulgurante, soit elle rouspète après le manque de fraîcheur du poisson qu’elle a mangé récemment. La mouette sait amerrir sans toboggan, elle sait aussi redécoller après cette petite pause rafraîchissante, l’avion long courrier beaucoup moins. La chute (est-ce le terme approprié ?) sera un message ressemblant à bien d’autres décryptés dans le crachouillis des aéroports et des avions mal insonorisés (à moins que ce ne soit un problème de pression interne) : La compagnie aérienne des Mouettes Volantes est fière de vous accueillir à bord

Publié par : LXIII | 27 juillet 2009

Solitude de l’écrivain

deserteUne bouteille à la mer, un petit mot glissé à l’intérieur, le robinson a lancé un appel au secours dans la seule bouteille qui lui restait. Désormais, il boira l’eau de pluie dans le creux de ses mains. Il évitera ainsi la panne seiche. C’est primordial car  sans encre pour son journal, son esprit sera son unique carnet de notes. Il ne veut pas tourner la page et garder dans le moindre détail la traversée de la mer morte de son inspiration. Les jours passent et se ressemblent, même le vendredi. Bloguera-t-il sur les arbres de son île ou sur les rochers bordant la crique où il a élu domicile? Faute d’encre, sa lame de couteau de poche ou la pierre récemment taillée  lui permettront de tailler en pièces ses humeurs solitaires.  L’écrit est vain, personne ne lira ses quelques lignes quotidiennes,  encore moins le SOS tracé sur le sable et visible du ciel. Aucune ligne dans le ciel, pas de trace de condensation à travers les nuages, le malheureux suera de peur, d’isolement, d’efforts de survie. Au travers de ces quelques lignes, la mouette blogueuse partage et soutient la solitude du joueur de mots, la page blanche lisse comme une mer d’huile inquiète, le vague à l’âme reste noyé au plus profond de l’auteur, rien n’émerge, il se sent épave, il coule dans ses veines un affreux sentiment d’égarement, remontera-t-il à la surface? Bien sûr, le radeau deviendra barque puis hors-bord, les mots s’enchaîneront, relève l’ancre mon ami!  

Publié par : LXIII | 20 juillet 2009

Fosses narines

razC’est l’heure du thé (parenthèse d’humeur, on repassera pour le caractère zen de cette boisson: le thé aux algues n’est pas du thé le darjeeling pousse largement au-dessus du niveau de la mer!), c’est l’été, le petit doigt levé, l’estivant (tripotant, jeu de mot abdominal, euh, abominable) boit la tasse. Contrairement à ce que l’on peut croire, le moment n’est pas agréable car la mise en bière pourrait être proche. Il flotte comme un ton sinistre, vous ne trouvez pas? L’homme s’est pris pour un surfeur, mais sa planche a mis les voiles de l’autre côté des vagues, son projet de bellâtre tombe à l’eau, coule à pic devrais-je dire, lui aussi d’ailleurs. Le bouillon, l’écume, l’eau salée lui envahissent le gosier (terme approprié à l’ambiance malgré tout balnéaire de cet article puisque l’ilet Gosier est très réputé en Guadeloupe). Malheureusement, il est loin de boire cul-sec le bonhomme, son postérieur ayant une fâcheuse tendance à l’entraîner vers le fond. Nous pouvons lui remettre la palme du boulet, le plancton de sel, le polype (corail) des profondeurs des inconscients de l’été. Prudence requise! Je déclenche toutes les sirènes du coin (normal, plutôt beau gosse) pour que la gigantesque soupe de poissons ne compte pas un petit crouton grillé par des heures d’exposition solaires de plus !

Publié par : LXIII | 19 juillet 2009

Le swing de la mouette

golf

La mouette n’est pas un oiseau migrateur, cependant une légende celte ancestrale raconte qu’il y a bien longtemps, portée par les rafales de vents balayant régulièrement les Highlands, une compagnie de mouettes écossaises aurait décollé de Saint –Andrews  en Ecosse pour atterrir sur les plages bretonnes.  Départ un peu dans la hâte mais à force de se moquer des porteurs de kilts, sous la menace de recevoir du plomb dans l’aile par les manieurs de fer 7, elles avaient finies par être rayées de la liste des piafs autorisés sur le circuit de 18 trous.  Désormais, à chaque marée basse, les générations successives de ces volatiles planant à gauche se retrouvent sur les greens du golfe du Morbihan. Quelle que soit la couleur du drapeau du bord de mer, elles investissent les terrains verts d’algues pour se rappeler le bon vieux temps, et jouer quelques trous parmi les rochers, le golf tout terrain est né. Les bunkers n’ont jamais été aussi vastes, difficiles dans ces conditions de réaliser un albatros (3 coup sous le par). Les autres oiseaux sont relégués au rôle de caddy, ne pouvant pas rejoindre ce club fermé de joueuses hyper-concentrées et perdant quelques plumes à la seule idée de réaliser un splash, l’océan est vaste, pas la peine d’imaginer d’y retrouver une balle égarée. C’est de la haute voltige, les cocottes ont bien trop peur de ne pas passer le cut!

Publié par : LXIII | 17 juillet 2009

SPA – So Phare Away

phareLa mouette s’inquiète, on l’a récemment menacée de l’envoyer purger sa peine de moquerie maritime seule dans un phare, à la pointe de je ne sais quelle côte balayée par vents et marées. Quand on y pense, loger dans un phare, c’est loin d’être du gâteau (jeu de mots breton), il faut être un amateur éclairé pour goûter aux plaisirs subtils d’une vie quasi-monastique. J’irais même jusqu’à dire qu’avec le stress du à une solitude interminablement longue, il y a de quoi se tirer un pruneau (re-jeu de mot bretons). Tout d’abord, l’accès au phare, ça se mérite, puisque bien souvent, le lieu est difficilement accessible et qu’il serait bon que la loupiotte clignote pour indiquer le passage. Oui mais qui assure le son et lumière puisque celui qui doit jouer avec les interrupteurs et celui qui cherche la voie ne font qu’un? Dans un phare, il y a de quoi tourner en rond, la forme de l’édifice l’atteste. Le vague à l’âme n’est jamais très loin, marées hautes, marées basses, pas de quoi se marrer en fait!  Le phare pourrait aussi permettre une vue plongeante sur des charmantes plagistes. Tu parles, le seul rinçage d’oeil possible sera obtenu par une vague d’eau froide haute de plusieurs dizaines de mètres, de quoi refroidir toute pulsion dûe à un isolement prolongé. Le repas aux chandelles serait possible par beau temps, la bougie étant de taille (le phare de Cordouan est équipé de 82 mèches), mais voilà, bien souvent, il tombe à l’eau, les plats arrivant froids (pas terrible pour la soupe aux poissons), les violons étant remplacés par les klaxons des chalutiers poursuivis par des pelotons entiers de mouettes (salut copines!) et la belle sera de toutes façons innaccessible entre le mal de mer, le vertige, le froid, l’humidité, le vent….Et dire que les occupants professionnels de ces enfers maritimes sont des gardiens, étrange pour des prisonniers, qu’ils m’envoient un signal lorsqu’ils auront compris qu’ils se sont fait avoir!

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